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NE RATEZ PAS LE COACH : Juré PRIMORAC

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Depuis cette saison, Juré PRIMORAC, est le coach de l’AS ORANGE, club dans lequel il a eu pour mission de redonner un nouvel élan avec un effectif majoritairement renouvelé. Evidemment les superbes résultats nationaux des trois années passées avec trois finales nationales consécutives, ne seront pas d’actualité cette année pour le club. Mais les valeurs sur lesquelles ce dernier est bâti depuis plus de 60 ans et qui sont aussi les siennes, sont en train de reprendre des couleurs grâce à son relationnel, son sérieux, sa modestie, et sa motivation.
Pour cette année de transition, Juré, alias ‘’l’ours croate’’, à l’appui de son adjoint Jean-Charles PEUFFIER et celui de Thierry GALLAS, a pris le temps de s’imprégner et de comprendre ce que représente le Football Entreprise avec ses contraintes mais aussi ses plaisirs.
Juré aurait aussi tout autant pu figurer sans la rubrique ‘’LES FOOT PROS ENTREPRISE’’ car sa carrière de joueur professionnel, débutée à l’AS Cannes en D2 et poursuivie à Rennes puis Créteil, l’a fait côtoyer ce monde même s’il n’a pas réussi à s’y intégrer complètement.
Sans regret et pourvu d’un Master 2 en économie internationale, obtenu à la fac de Rennes, il est aujourd'hui ingénieur commercial grands comptes chez Xerox où il a trouvé son équilibre : une activité professionnelle qui l’amène quelquefois à Londres où il peut retrouver son père toujours adjoint d’Arsène WENGER à ARSENAL.


jureverticalJuré PRIMORAC :

Question 1: Quelle est ta philosophie de Jeu ?
Bonjour, ma philosophie de jeu est d’essayer de gagner les rencontres déjà. Bien sûr je souhaite que mon équipe essaie de jouer un maximum. Maintenant j’espère surtout responsabiliser les joueurs dans leur attitude et comportement tout au long du match, et qu’une maturité se dégage du groupe. Mon objectif est d’avoir une équipe autonome qui sache s’adapter à toutes les situations et varier sa stratégie.

Question 2 : Sur le banc, est ce que tu préfères être seul et prendre seul tes décisions ou apprécies-tu la présence d'un adjoint ou d'un dirigeant pour t’éclairer dans certains choix ou situations ? Et quand tu es sur le terrain, est-ce plus compliqué de gérer ton groupe ?

Je considère que le football est un sport d’équipe, et que par conséquent je consulte régulièrement l’opinion de chacun, entraîneurs, joueurs et dirigeants. Cela me permet d’avoir une vision globale et de m’assurer que je n’ai pas oublié un détail. En début de saison par exemple, quand je ne connaissais pas encore bien mon groupe, Jean-Charles mon adjoint, m’a été très précieux dans les caractéristiques des joueurs
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JUREPROFILQuand je suis sur le banc j’aime bien échanger avec mon adjoint ou les remplaçants, toujours dans l’optique d’avoir un autre ressenti.
Quoiqu’il arrive, à la fin je fais mes choix et les assume.
 
Quand je suis sur le terrain, étrangement l’équipe a réalisé des prestations collectives plus abouties plus cohérentes. Cela rejoint ce que je vous disais précédemment, mon objectif est de créer un groupe autonome et aujourd’hui ce n’est pas forcément le cas. Initialement, je devais juste assurer le rôle de coach, après les aléas du groupe et les résultats m’ont amené à être plus présent sur le terrain. La frustration est grande car nous avons des joueurs de qualité, mais il leur manque encore de la maturité et de s’organiser ensemble sur les différentes phases de jeu.


JUREVESTAIRESQuestion 3 : Observes-tu le coach adverse lors des matchs afin d'anticiper ses éventuels changements. Ou restes-tu uniquement concentré sur ton équipe ? 

Pour être franc, je me concentre surtout sur la performance de mon équipe et de mes joueurs. D’autant que dernièrement je suis plus souvent sur le terrain et donc j’ai encore moins le temps d’analyser le comportement de l’entraîneur adverse. Après, je pense assez bien analyser la tactique adverse et les changements réalisés. Enfin pour anticiper ses éventuels changements, cela veut dire connaître tous les joueurs de l’effectif adverse et ce n’est pas encore le cas…. 

Question 4 : Tu as une courte expérience de coach. Ton père a-t-il été l’élément déclencheur de cette vocation ? 

Non. Si je regarde ma « carrière », depuis l’école de foot à maintenant, je me rends compte que j’ai dû être capitaine au moins 80% sur cette période de 30 ans (oui je suis vieux) dans toutes les équipes jouées. Par conséquent, je devais être un relais pour l’entraîneur, être un exemple dans le comportement, essayer de rassembler et motiver les troupes. Je ne sais pas si je l’ai bien fait, mais en tout cas cela m’a donné envie d’avoir une expérience d’entraîneur. Quand tu es sur le terrain, tu essaies de respecter les consignes du coach, même si tu n’es pas toujours d’accord. Quand tu es coach, tu essaies d’inculquer une stratégie et une idée, mais elle n’est pas forcément respectée par les joueurs ou bien assimilée. Dans les 2 cas, il peut y avoir de la frustration. Aujourd’hui, j’adore cette expérience car cela permet d’avoir une approche nouvelle du football.
Enfin, il faut être conscient qu’être coach en football entreprise est plus compliqué qu’au haut niveau amateur ou professionnel. Déjà, par la disponibilité des joueurs qui ont des contraintes professionnelles et personnelles, le nombre d’entraînements réduit et des expériences footballistiques variées de chaque joueur, tout cela rend la tâche plus complexe au départ. C’est un vrai challenge mais on contrepartie, nous avons une richesse humaine indéniable !   
 
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Question 5 : Quels sont tes objectifs à court et long terme dans ton club ?


L’AS Orange a connu l’année dernière un grand exil de joueurs de l’équipe première, entre 12 à 15 joueurs. L’impact a été important et il est encore plus difficile en football d’entreprise de renouveler les effectifs et de générer une dynamique. Mon objectif était déjà de faire un état des lieux de l’effectif, des joueurs concernés et du potentiel des nouveaux arrivants.
 
Après, j’essaie de construire un cadre où les effectifs du groupe 1 et 2 puissent prendre du plaisir, trouver du contenu formateur lors des séances et mettre en place une dynamique de groupe. Ce n’est pas évident, mais Orange est une institution, et je me rends compte lors des confrontations de l’héritage laissé par mes prédécesseurs. Les adversaires veulent battre Orange et montrent une grande motivation. Nous, les joueurs et le staff devons réussir à y répondre malgré que l’on soit en pleine reconstruction.
Par conséquent, à court/moyen terme il est important d’assurer cette phase de reconstruction et à long terme l’objectif est de créer une génération de joueurs qui seront heureux de se retrouver et de conquérir de nouveaux titres.

Question BONUS : Comment es-tu venu au Football Entreprise et que penses-tu du niveau de la R1 Entreprise en île de France ?

Je suis venu au Football Entreprise grâce à mon Président Michel Dieleman. Nous entretenons depuis de nombreuses années une relation amicale avec des échanges intéressants sur le football et le monde de l’entreprise. Je m’étais engagé d’intégrer l’AS Orange dès que j’aurais terminé mon expérience dans le football amateur. Cette année a été donc la concrétisation de ma promesse. Le niveau de la R1 en île de France est assez disparate. Il y a 4 équipes très intéressantes avec un très bon niveau, puis un groupe d’outsiders avec un niveau intéressant et quelques équipes qui sont un peu plus « justes » mais qui compensent avec le cœur. 
Ce qui me marque plus, c’est l’engagement humain dans le football Entreprise. Aujourd’hui, l’AS Orange ne serait pas ce qu’elle est sans l’investissement continu de ses dirigeants (Daniel, Guy, Lionel, Raoul etc.) et de ses présidents (Issa et Michel). Avant d’être une référence/institution, il s’agit d’une aventure humaine avant tout, contrairement aux clubs associatifs ou professionnels des villes qui disposent régulièrement d’un vivier local. Le Football Entreprise doit à chaque fois se réinventer et le challenge est compliqué. Il faudrait réfléchir avec la fédération comment garder cette dynamique, car de nombreuses grandes entreprises se sont désengagées de leur investissement sportif que cela soit dans le football ou autre. La réalité économique des entreprises conduit à des politiques plus restrictives (malgré de beaux bénéfices pour certaines d’entre elles) mais je pense qu’il est important de réintroduire l’humain dans leur stratégie. Le Sport en Entreprise en est un parfait levier et une belle vitrine.
 
SAM 1090
Propos recueillis par Daniel TESTE