Nous poursuivons l’histoire du Football Entreprise avec l’épisode 4 relatif à la période de la 2ème guerre mondiale.   


LA DISPARITION TEMPORAIRE DU SPORT CORPORATIF (1939-1945)

Les commissaires souhaitent un retour à l’organisation des activités physiques telle qu’elles se présentaient à la fin du 19ème siècle. S’appuyant sur la nouvelle législation en vigueur, à savoir la Charte des sports en 1940, on supprime le football de juin à septembre, période réservée aux sports d’été comme l’athlétisme, plus représentatif des nouvelles vertus viriles.
Durant l’occupation, la pratique du ballon rond doit revenir dans le cadre d’associations omnisports comme au temps des précurseurs.

Une raison à cela, il faut astucieusement éliminer toute risque de regroupement des gens de la base, dont la plupart d’ailleurs sont partis au front ou bien en camp de prisonniers. L’entreprise est sous le joug combiné du Régime et de l’occupant. Les anciennes sociétés perdent ainsi leur identité et leur autonomie.

La volonté de créer ce type d’associations coïncide avec la conception organiciste de la société qu’a le nouveau régime : promotion de la commune, du village, de la famille. La charte des sports encourage les différentes sociétés d’une même commune à fusionner, avec pour conséquence le retour des patronages.

Toujours dans cette optique, certains statuts sont remis en cause. Estimé à plus de 300 équipes, réparties surtout dans les zones industrielles du Nord, Nord-Est et de la banlieue parisienne, le football corporatif est condamné à disparaître.L’objectif est de développer les associations sur le lieu d’habitation des pratiquants.

Le Commissariat aux Sports supprime donc le statut corporatif, considéré comme « le prolongement de l’usine ou du bureau », et ampute une partie des effectifs de la Fédération de football. Ce n’est qu’en octobre 1944, qu’il est rétabli par le bureau fédéral, après la chute du régime. Sur le terrain, il va s’écouler 7 années, entre le vainqueur de la saison 1938-1939 l’AS Ferodo et celui de la saison 1946-1947, le CS Transatlantique.

Rédacteur : Bernard DUCELLIER (et Daniel TESTE)

Photos : Daniel TESTE

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